Les hommes et les femmes de ce pays se sont rendus aux urnes massivement pour le premier tour de l’élection présidentielle, parce qu’ils n’ont pas voulu revivre le 21 avril 2002. C’est cette volonté qui a été la plus forte, qui a ébranlé les enthousiasmes, les aspirations populaires. Ce vote massif est aussi une réaction face aux peurs agitées. Et aujourd’hui, autant qu’hier, notre démocratie est en crise, de ne plus permettre aux hommes et aux femmes d’exprimer sereinement un choix d’avenir.

Durant cette campagne électorale beaucoup a été fait pour rendre inéluctables des politiques libérales. Cette campagne sans débat contradictoire, marquée par une pression médiatique de même ampleur que lors du référendum, dévoyée par des jeux de sondages, n’a pas été à la hauteur des attentes démocratiques.

Sur le terrain nous avons pourtant vu naître des espoirs nouveaux, nous avons entendu des exigences fortes : vivre mieux, se débarrasser de la dictature de la finance et remettre l’être humain au centre de la société. Les électrices et les électeurs ont pensé que tout cela ne pouvait pas s’exprimer dans les urnes de l’élection présidentielle.

Dans cette élection, Marie-George Buffet était celle qui portait le plus clairement le dossard de la gauche. Elle l’a fait avec force et dignité. Manifestement l’enjeu de la force et de la qualité de la gauche n’est pas apparu. Nous allons dès demain nous employer à reconstruire cette gauche mise à mal. Et nous savons pouvoir compter pour cela sur des hommes et des femmes qui n’ont pas porté leur voix sur notre candidate aujourd’hui.

Mais la séquence électorale de 2007 n’a pas encore livré tout son verdict. Il faudra battre la droite de Sarkozy au deuxième tour.

Pour autant le compte n’y sera pas, et nous avons la conviction que les législatives peuvent permettre aux citoyennes et aux citoyens de dire clairement ce qu’ils n’ont pas dit aujourd’hui pour changer enfin de politique et changer la vie quotidienne.

Au cours de cette campagne, le Parti communiste, la gauche populaire et antilibérale ont reconstitué des forces. Des forces de résistance qui sont disponibles dès aujourd’hui au côté de celles et ceux qui souffrent et qui luttent. Des forces de construction, qui sauront faire bouger les choses dans l’avenir.